Aller au contenu
Guide pratique · 6 min de lecture

Que contient un contrat d'infogérance : SLA, périmètre, réversibilité

Publié le · 8TECH · sources datées en fin de guide
Vérifiez le périmètre inclus et exclu, les délais d’intervention et de rétablissement, les conséquences d’un dépassement, la propriété des accès et les conditions de sortie. Chaque engagement doit préciser ce qui est couvert et comment il s’applique. La réversibilité indique ce que vous récupérez en fin de contrat.
Sommaire · 8 sections

01La structure d’un contrat d’infogérance

Un contrat d’infogérance se présente presque toujours en trois documents, et l’essentiel n’est pas dans celui qu’on vous fait signer en premier.

DocumentCe qu’il porteAttention
Le contrat cadreLes parties, la durée, les prix, les conditions généralesLe plus lu, et le moins déterminant
L’annexe de périmètreCe qui est pris en charge, machine par machine, service par serviceC’est le vrai contenu de ce que vous achetez
L’annexe de servicePriorités d’incident, engagements de délai, horaires, exclusionsC’est là que se joue la valeur des promesses commerciales

Si l’une de ces annexes n’existe pas, c’est déjà une information : un contrat sans annexe de périmètre laisse au prestataire le soin de décider, après coup, ce qui était inclus.

02Le périmètre : ce qui est inclus, ce qui est exclu

Un périmètre se lit à l’envers : commencez par les exclusions. Un contrat qui n’en mentionne aucune n’est pas généreux, il est imprécis — et l’imprécision se tranchera en votre défaveur le jour où elle coûtera de l’argent.

Les exclusions habituelles, et légitimes, sont les projets, les migrations, les installations, les travaux d’infrastructure, le matériel, les licences, et le support fonctionnel des logiciels métier — celui que seul l’éditeur peut rendre. Ce qui doit être écrit, c’est où passe exactement la frontière.

La question à poser : « Si notre serveur de fichiers tombe un mardi matin, qu’est-ce qui est compris dans le forfait, et qu’est-ce qui sera facturé ? » Une réponse précise dans les trente secondes indique un contrat clair. Une réponse en « ça dépend » indique un contrat à préciser.

03GTI et GTR : la distinction décisive

C’est le point technique le plus important du contrat, et celui que presque personne ne vérifie.

 Garantie de temps d’intervention (GTI)Garantie de temps de rétablissement (GTR)
Ce qu’elle engageLe délai avant que quelqu’un commence à traiterLe délai avant que le service refonctionne
Ce qu’elle ne dit pasCombien de temps durera la réparationQue la réparation définitive soit faite — un contournement suffit
Sur quoi elle porteGénéralement l’ensemble du périmètreService par service, nommément désigné
Ce qu’elle supposeRien de particulierRedondance, sauvegardes testées, pièces disponibles, procédures écrites

Un contrat qui annonce une garantie de rétablissement « sur l’ensemble de l’informatique » sans condition d’éligibilité promet quelque chose que personne ne peut tenir : rétablir un serveur dont la pièce de rechange n’existe plus ne dépend d’aucune volonté. Une garantie sérieuse est adossée à des services identifiés et à des prérequis vérifiés.

Vérifiez également le point de départ du délai — déclaration par vous, détection par la supervision, qualification par le prestataire ? — et les cas de suspension : attente d’une réponse de votre part, indisponibilité d’un tiers, intervention d’un éditeur. Ces clauses sont normales ; leur absence ou leur extension abusive ne l’est pas.

04Que se passe-t-il si l’engagement n’est pas tenu

Un engagement sans conséquence n’est pas un engagement. La plupart des contrats prévoient un avoir proportionnel au dépassement, imputé sur la facture suivante, souvent sur demande du client — et plafonné.

Trois points à vérifier : la compensation est-elle automatique ou faut-il la réclamer ? À quel plafond est-elle limitée ? Et surtout, la répétition des dépassements ouvre-t-elle un droit de résiliation ? C’est cette dernière clause qui a de la valeur : une compensation financière ne remplace pas un service qui fonctionne, mais la possibilité de partir sans préavis, si.

05Propriété des accès et de la documentation

Le contrat doit établir sans ambiguïté que les comptes d’administration de votre système appartiennent à votre entreprise, le prestataire n’en recevant que l’usage, tracé. Dans le cas contraire, vous ne pouvez ni auditer, ni changer, ni même vérifier ce qui est fait chez vous.

La documentation produite pendant le contrat — inventaire du parc, schémas, procédures, mots de passe des équipements — doit vous être accessible pendant l’exécution, pas seulement à la fin. Un prestataire qui documente correctement n’a aucune raison de s’y opposer ; celui qui refuse vous explique qu’il compte sur votre dépendance.

06La réversibilité

C’est la clause qui protège le mieux, et celle qu’on lit le moins. Elle doit répondre à quatre questions, avec des chiffres.

01QuoiDocumentation, inventaire, comptes d’administration, configurations, sauvegardes et leurs clés, contrats et abonnements souscrits pour votre compte.
02Sous quel délaiUn nombre de jours ouvrés écrit. « Dans les meilleurs délais » ne veut rien dire.
03À quel coûtIdéalement compris. Sinon, un forfait connu à l’avance — et non un tarif horaire découvert au moment du départ.
04Dans quel formatExploitable par un tiers. Une documentation livrée sous forme d’export illisible remplit la lettre de la clause et pas son objet.

07Durée, résiliation et révision des prix

La durée. Un engagement long protège le prestataire contre son propre risque commercial, pas vous. Il peut se justifier lorsqu’un investissement initial important est amorti dans le prix — c’est le cas d’un raccordement fibre, financé par l’opérateur. Il ne se justifie pas pour un service récurrent sans investissement.

La reconduction. Vérifiez le mécanisme et la fenêtre de dénonciation. Une reconduction tacite assortie d’un préavis de trois mois avant l’échéance annuelle est une durée d’engagement déguisée.

La révision des prix. Une indexation annuelle est normale. Elle doit être plafonnée, adossée à un indice public identifié, et vous être notifiée avant application — pas découverte sur une facture.

08Sept pièges de rédaction

01« Support illimité »Toujours borné quelque part — horaires, exclusion des projets, nombre d’interventions sur site. Cherchez la borne, elle existe.
02Un délai sans grille de priorité« Intervention sous 4 heures » sans définir ce qui déclenche ce niveau n’engage à rien : c’est le prestataire qui qualifiera.
03Les heures ouvrées non définiesUn délai « sous 8 heures ouvrées » déclenché un vendredi à 16 h arrive le lundi à 16 h si les horaires sont 9 h-17 h, hors jour férié. Faites écrire les plages.
04La sauvegarde mentionnée sans obligation de résultat« Mise en place d’une sauvegarde » n’engage pas à ce qu’elle fonctionne. Cherchez une périodicité de test de restauration.
05Une clause de responsabilité plafonnée très basUn plafond fixé à un mois de prestation est courant ; en dessous, la question mérite d’être posée.
06L’absence de clause de sous-traitanceQui intervient réellement sur votre système ? Le contrat doit encadrer le recours à des tiers et leurs obligations.
07Aucun contrat de traitement des donnéesUn prestataire qui accède à vos données personnelles est sous-traitant au sens du règlement européen : l’accord correspondant est obligatoire, pas optionnel.

Ce guide décrit des pratiques de marché et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un engagement significatif, faites relire le contrat par un conseil. Les clauses qui engagent 8TECH — périmètre, priorités et délais, résiliation, réversibilité — sont publiées sur la page du Socle IT managé ; nous vous invitons à leur appliquer cette grille.

Pour vérifier

Sources et références

Ce que ce guide affirme et qui ne vient pas de notre pratique vient d'ici. Chaque référence porte son éditeur et sa date.

01Externalisation et sécurité des systèmes d'information : un guide pour maîtriser les risquesANSSI · 2010-12-03 — ce qu'un contrat d'externalisation doit couvrir : périmètre, sécurité, réversibilité
02Sous-traitance : exemple de clauses (article 28 du RGPD)CNIL · 2017-10-04 — les clauses de sous-traitance des données personnelles que le contrat doit contenir
Avant de signer

Faites relire ce qu'on vous propose.

Le diagnostic gratuit donne un premier avis sur votre situation et signale les contrats ou abonnements à examiner. L'inventaire détaillé des échéances relève d'un audit distinct.

Demander un diagnostic gratuitgratuit · sans engagement · le compte-rendu vous appartient