Stratégie de sauvegarde pour une PME : copies, fréquence et restauration
Sommaire · 8 sections
01Ce qui doit être sauvegardé (et ce qui ne l’est pas)
On sauvegarde des données, pas des machines. Dans une PME, elles se trouvent à quatre endroits : les fichiers partagés (serveur ou NAS), les bases des applications métier (gestion commerciale, comptabilité, ERP), les boîtes et documents Microsoft 365 ou Google Workspace, et les postes de travail eux-mêmes — le plus souvent oubliés, alors que c’est là que vivent les fichiers « en cours ».
Ce qui n’a pas besoin d’être sauvegardé : les systèmes d’exploitation et les logiciels réinstallables, à condition d’avoir noté comment les réinstaller — licences, versions, paramétrages. C’est précisément ce que contient la documentation de votre parc, première pièce du Socle IT managé.
| Donnée | Où elle vit | Perte acceptable (RPO) | Remarque terrain |
|---|---|---|---|
| Fichiers partagés | Serveur, NAS | 24 h | Volumétrie stable, versions utiles contre les rançongiciels |
| Bases métier | Serveur applicatif | 1 h | Sauvegarde applicative, pas seulement le fichier |
| Messagerie, SharePoint, OneDrive | Microsoft 365 | 24 h | Politique de sauvegarde à définir ; copie indépendante selon le besoin — voir §04 |
| Postes de travail | Chaque poste | 24 h | Le plus souvent absent des dispositifs que nous auditons |
02La règle 3-2-1, appliquée à une PME
Trois copies des données (la production et deux sauvegardes), sur deux supports de nature différente, dont une hors site. Pour une PME, la forme la plus robuste que nous mettons en place est la suivante : une copie locale sur un NAS dédié (restauration rapide), et une copie chiffrée dans un datacenter distant, opéré par un tiers qui en répond contractuellement.
La copie utile est celle que l’on sait restaurer.
Le dispositif sépare la production, une copie locale et une copie hors site pour éviter qu’un seul incident ne les emporte toutes.
- 01ProductionSource
Les données et machines réellement utilisées sont inventoriées.
- 02Copie localeSur site
Une première restauration rapide est possible depuis un support distinct.
- 03Copie hors siteFrance par défaut
Une copie protégée reste disponible si le site ou le réseau est touché.
- 04Test de retourVérifié
Des données sont réellement restaurées et le temps nécessaire est mesuré.
Rétention standard : 15 j · 3 mois ; ajustée à vos obligations et à votre contrat.
Deux copies distinctes près de la production.
Le dispositif sépare la production, une copie locale et une copie hors site pour éviter qu’un seul incident ne les emporte toutes.
- 01ProductionSource
Les données et machines réellement utilisées sont inventoriées.
- 02Copie localeSur site
Une première restauration rapide est possible depuis un support distinct.
La copie locale facilite une première restauration ; elle ne remplace pas la copie hors site.
La copie hors site permet de revenir.
Le dispositif sépare la production, une copie locale et une copie hors site pour éviter qu’un seul incident ne les emporte toutes.
- 01Copie hors siteFrance par défaut
Une copie protégée reste disponible si le site ou le réseau est touché.
- 02Test de retourVérifié
Des données sont réellement restaurées et le temps nécessaire est mesuré.
Rétention standard : 15 j · 3 mois ; ajustée à vos obligations et à votre contrat.
Le point que les schémas génériques oublient : la copie hors site doit être hors de portée d’un attaquant qui aurait pris la main sur le réseau local. Un disque USB branché en permanence, ou un NAS distant accessible avec les mêmes identifiants, n’est pas « hors site » au sens utile du terme.
03Fréquence, rétention et objectifs de reprise
Deux chiffres suffisent pour dimensionner une sauvegarde, et ils sont à décider par la direction, pas par l’informatique : le RPO (combien de temps de travail on accepte de perdre) et le RTO (combien de temps on accepte de ne pas travailler). Une PME de services accepte souvent un RPO de 24 h et un RTO de 4 à 8 h ; un cabinet qui facture à l’acte ou un atelier en flux tendu, beaucoup moins.
La rétention, ou pourquoi une seule version ne sert à rien
Un rançongiciel chiffre les fichiers, puis la sauvegarde écrase les fichiers sains avec les fichiers chiffrés. Sans historique de versions, la sauvegarde est perdue en même temps que la production. Nous retenons par défaut 15 jours de versions quotidiennes et 3 mois de versions mensuelles ; la valeur exacte dépend du temps que met une PME à s’apercevoir d’un problème — en pratique, plusieurs semaines.
04Microsoft 365 : le cas à part
Microsoft 365 assure la résilience de son service. Ses corbeilles, versions et règles de rétention permettent aussi certaines restaurations, avec des conditions qui varient selon le service et sa configuration. Microsoft propose en outre Microsoft 365 Backup pour Exchange Online, OneDrive et SharePoint : cette sauvegarde s’active par politique et reste dans l’environnement Microsoft. Une copie indépendante répond à un besoin différent, celui de conserver une sauvegarde hors de cette chaîne. Le bon choix dépend des données, du délai de reprise attendu et de la durée de conservation voulue.
Ce que fait 8TECH : une copie indépendante, quotidienne, de la messagerie, de SharePoint, de OneDrive et de Teams, conservée en rétention maximale dans le micro-datacenter que 8TECH détient et maintient à Montpellier, restaurable à la boîte, au dossier ou au fichier.
05Tester la restauration
La seule preuve qu’une sauvegarde fonctionne est une restauration réussie, datée et consignée. Nous contrôlons chaque jour l’état des sauvegardes de tous les clients, et nous programmons au moins une fois par an un test de restauration réel — échantillon (un fichier, une boîte, une base) et scénario complet. Le compte-rendu est versé au dossier client ; il est la première chose qu’un assureur cyber demande.
06Six défauts fréquents en audit
- Les postes ne sont pas sauvegardés — seuls le serveur ou le NAS le sont ; les fichiers « en cours » vivent sur les bureaux.
- La copie hors site partage les identifiants du réseau — un attaquant qui prend le domaine prend la sauvegarde.
- Aucune restauration n’a jamais été tentée — la sauvegarde « tourne » depuis des années et personne ne sait ce qu’elle contient.
- Microsoft 365 est considéré comme sauvegardé — voir §04.
- La rétention est d’une seule version — la sauvegarde d’hier écrase celle d’avant-hier.
- Les alertes d’échec arrivent dans une boîte que personne ne lit — la sauvegarde échoue silencieusement depuis des semaines.
Défauts relevés de manière récurrente lors des audits et reprises de parc menés par 8TECH — liste d’expérience, sans prétention statistique.
07Ordres de grandeur de coût
| Dispositif | Investissement | Par mois | Pour qui |
|---|---|---|---|
| NAS local seul | matériel, sur devis | — | Insuffisant seul : pas de copie hors site |
| Sauvegarde managée serveurs & VM (Veeam) + stockage hors site chiffré | — | 12,90 € / VM + stockage au Go | La configuration de référence — contrôle quotidien inclus |
| Sauvegarde managée d’un NAS + stockage hors site | — | 15 € / NAS + stockage au Go | Le stockage est dégressif selon le volume |
| + sauvegarde Microsoft 365 | — | 12,90 € / utilisateur | Dès que la messagerie est dans M365 |
| + PRA (reprise structurée) | sur devis | selon la criticité | RTO court exigé — voir le guide PRA |
Tarifs hors taxes du catalogue 2026, vérifiés le 01/09/2026 ; le tarif contractuel figure sur le devis.
08Questions fréquentes
Le cloud (OneDrive, Google Drive) remplace-t-il une sauvegarde ?
Non : c’est une synchronisation. Un fichier supprimé ou chiffré est supprimé ou chiffré partout. Le cloud remplace le serveur de fichiers, pas la sauvegarde.
Où sont stockées les copies hors site chez 8TECH ?
Les copies des serveurs, VM et NAS sont chiffrées puis stockées chez notre partenaire d’infrastructure, dans des datacenters en France, avec immutabilité. La sauvegarde Microsoft 365 est dans le micro-datacenter que 8TECH détient et maintient à Montpellier. Le détail, service par service, figure sur la page datacenter.
Combien de temps pour tout restaurer après un rançongiciel ?
De quelques heures à plusieurs jours selon la volumétrie et le dispositif — c’est le RTO, à décider avant l’incident (§03). Avec un PRA, l’activité reprend dans le délai de reprise convenu et testé — c’est lui qu’on écrit au plan.